Le grand plaisir des iliens est de partir, le week-end, camper sur un motu isolé, de l’autre coté du lagon. Les motus sont des îlots de sable situés sur le récif, ou même parfois au milieu du lagon. Habités de crabes, d’oiseaux et de cocotiers, ce sont des petits coins de paradis complètement délaissés par les nonos et les moustiques (ouf, un peu de répits pour nos jambes !).

Il n’a donc pas été trop difficile de trouver des volontaires pour organiser une petite virée au motu.

Nous nous retrouvons sous l’arbre centenaire pour régler les derniers petits détails d’intendance. Coté nourriture, il faut prendre le strict minimum puisque nous pêcherons  du poisson sur place. Par contre coté boisson, il faut prévoir large car, à part l’eau de coco, il n’y a pas trace d’eau douce. Alors ? Combien de caisses de bière ? Avec les copines, nous laissons les garçons régler ce problème crucial et partons faire quelques emplettes et collecter fruits et légumes afin d’améliorer le menu. Tout le monde est excité et les nuages noirs qui arrivent n’entament pas notre bonne humeur. Ni même Mamie qui nous dit d’un air moqueur : « Pas bon, va pleuvoir. »

 

 

 

 

 

 

 

Au petit matin, nous embarquons donc tout notre petit monde à bord et attachons le poti marara de Tahiri à la jupe arrière de Charade; il nous sera bien utile pour nos déplacements là-bas et pour la pêche.

12 miles plus tard, nous atteignons enfin le motu Patupatu, perdu au bord du récif. Malgré la pluie qui a fini par nous rattraper, nous débarquons tout notre bazar. Matai monte les tentes; Rangihei, Teraitua, Ambre, Hugo et Romain entament la construction de leur cabane avec du bois et du nï’au; Lulu et Jean allument le feu; Hivanui râpe les cocos pour faire du lait; Tahiri et Arnaud partent à la chasse; Mimi, Rosa et moi commençons à faire la popote. Tout le monde investit le motu, l’explore, se l’approprie. Nous sommes quatorze « gamins » sur une île déserte !

Les copines ont décidé de nous faire découvrir quelques  spécialités culinaires puamotus. Quatre ume (nason, poisson du lagon) sont déjà en train de griller sur le feu. Avec le lait de coco fraîchement pressé, nous confectionnons du ipõ (sorte de pain cuit dans l’eau bouillante et saupoudré de coco râpée ; je ne m’étalerai pas sur les différences entre le ipõ opa’a et le ipõ taota !). Nous préparons également du po’e de papaye (pâte de papaye cuite dans des feuilles de bananier, coupée en dés  mélangés au lait de coco). Les ‘urus sont quant à eux tout simplement posés sur la grille du feu. Il faut les retourner régulièrement sans se cramer les mains et quand ils sont noirs, c’est qu’ils sont cuits. Facile !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière petite spécialité : le pãhua, alias le bénitier. Nous avons déjà gouté ce joli coquillage et, je l’avoue, je préfère admirer toute la palette de bleu qu’il possède sous l’eau plutôt que dans mon assiette. Mais bon, pas question de se dégonfler ! Première épreuve : la collecte. Là où les pauvres popa’ã (visages pâles) que nous sommes mettons deux plombes à arracher un bénitier de son trou, en ayant cassé au moins un couteau et attaqué le pauvre animal à la barre à mine, nos amis les ramassent à la pelle, en deux coups de cuillère à pot ! Toute la technique est dans le geste. Facile à dire !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est sûr, ce n’est pas encore ce week-end que nous allons mourir de faim. Sans compter que tous les garçons se sont mis à la chasse, y compris Hugo. Carangues, perroquets, mérous, chirurgiens… même les grosses nacres y passent, pour le rêve de découvrir  une belle perle…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nos repartons le cœur gonflé de bonheur. Tahiri et Matai s’emparent de la guitare et du ukulele, Lulu et Jean chantent tout leur répertoire et Mimi et Rosa nous apprennent  quelques pas de danse.

Et les copains, c’est quand qu’on recommence !!!

Ecrit le 19 mai 2012 , Non classé

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