Jusqu’à présent, nous avons vraiment eu de la chance. Cela ne fait pas encore 4 jours que nous sommes partis, et nous avons déjà parcouru les deux tiers de la route entre Panama et les Galapagos. Belle mer, vent régulier au portant et courant favorable nous ont permis de maintenir une moyenne de 8,5 noeuds sur les 600 premiers miles.
Mais, on s’en doutait un peu, c’est en train de changer. Sommes nous dans la zone de convergence intertropicale ou est-ce seulement une « molle » passagère? Les 1,5 noeuds de courants nous maintiennent péniblement à 5-6 noeuds de vitesse. Il fait nuit, la lune illumine l’océan, tout est calme. Pourvu que le vent ne tombe pas plus bas. Sinon, il faudra prévoir, demain, un atelier cuisine et préparer un bon gâteau pour remonter le moral des troupes.
Et à cette vitesse, nous ne pourrons même pas pêcher! Pas comme aujourd’hui, où nous avons accroché un gros « merlin » comme le dit Romain. Branle-bas de combat. Maintenant nous sommes rodés, Ambre et moi à l’avant nous enroulons le genaker pendant que Hugo choque. Arnaud se jette sur la canne tout excité. C’est justement son leurre flambant neuf qui a attiré ce beau marlin.
Nous ne l’avons pas encore vu mais, il a l’air costaud car la canne s’arcqueboute dangereusement et Arnaud peine à mouliner. Tout le monde attend avec impatience et excitation. Ambre filme. Romain  fait des commentaires, Hugo imagine quelle prise de catch il va utiliser pour neutraliser l’animal, Arnaud mouline toujours et moi, j’attends en bas des marches en tenant fermement le croc.
Et soudain, il est là. Enorme. Prise de conscience. Oh punaise, par où attraper ce géant? Oh pétard, et quand bien même nous réussirions à le remonter, qu’allons nous faire de ces 20kg de chair fraiche? Perplexe mais toujours avec le croc fermement entre les main, je commence à établir mentalement le menu pour les prochain jours: Marlin en sushi, façon ceviche, grillé, poëllé, en papillotte, en cocotte, à l’armoricaine, en hachis, au curry, en soupe, en mouillette avec les oeufs au petit déjeuner… Je n’a pas le temps de finir que le fil casse, juste sous notre nez!  Je suis partagée entre un gros « merde alors » et un énorme « ouf, on l’a échappé belle » !
Ah ce « merlin l’enchanteur » encore loupé!

Ecrit le 24 mars 2011 , Non classé

Il est maintenant temps de passer ce fameux canal dont on parle tant, et qui représente un réel tournant dans notre voyage. J’ai presque l’impression de passer de l’autre coté du monde.

La dernière ville de l’Atlantique que nous visitons est Colon et nous ne sommes vraiment pas emballés. Les habitations sont pires que délabrées et l’atmosphère n’est pas sereine. Notre taxi nous confirme qu’il vaut mieux éviter de se promener seul en ville. De toute façon, je ne vois pas trop ce qu’on pourrait y faire. Même la zone franche (au deuxième rang mondial après Hong-Kong) n’est pas attrayante et les prix pas vraiment intéressants.

Le règlement du canal impose d’avoir quatre équipiers pour passer les écluses, nous n’avons pas de mal à les trouver et avons la bonne surprise d’apprendre que nous passerons peut-être avec Tara, un bateau français. Enfin, nous recevons les amarres et les pneus, qui serviront de pare-battages. Il n’y a plus qu’à installer tout ça et protéger les panneaux solaires contre les toulines, avec les planches à voile. Reste à faire un bon avitaillement en prévision des semaines de navigation qui nous attendent, et nous sommes prêts !

Juste avant de partir, nous avons le plaisir de retrouver Catacoes, nos amis Graham, Loraine et Lucas, qui vont suivre la même route que nous dans quelques jours. Voilà, après les derniers petits préparatifs, nous larguons enfin les amarres et allons attendre notre pilote sur le flat. Quatre autres bateaux sont déjà là, trois monocoques et un catamaran. Avec qui allons-nous passer ?

Finalement, notre pilote arrive en premier et c’est avec Double Moon, un monocoque allemand, que nous serons amarrés. C’est parfait, à deux seulement nous aurons assez de place dans les écluses et Charade ne peinera pas trop. C’est en effet Arnaud qui a la lourde tache de piloter le convoi.

Le moment est venu, nous entrons dans la première écluse de Gatun, avec une petite pointe de stress et une grosse dose d’excitation. C’est très émouvant. Tout le monde est à son poste. Nos linehandlers, Reynald, Françoise et Jean-Charles, sont aux taquets. Nous réceptionnons les toulines sans problème et les attachons aux haussières. Les portes se ferment et nous voici coincés derrière un énorme cargo qui occupe les 9 /10° de l’espace. Ça y est, c’est parti.

Lorsque les écluses se remplissent, de gros bouillons nous entourent (c’est un petit peu plus mouvementé qu’à Saint-Malo !) et il faut tirer fort sur les haussières. Aucun soucis, Charade enchaine les trois écluse sont sourciller. Une touline cassée et un petit moment de flottement dans la dernière écluse n’entament même pas notre bonne humeur. Première étape franchie. Nous voici sur le lac Gatun pour la nuit, entre deux océans.

Le lendemain matin, nous sommes réveillés de bonne heure par les cris des singes dans la forêt voisine. Et ce ne sont pas les cris gentillets de Chitta ! Ce sont de très forts rugissements qui feraient presque peur ! Je vous laisse imaginer la taille de ces primates…des tous petits singes hurleurs. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux apparences.

Notre deuxième pilote embarqué à 6h, nous filons à travers le lac rejoindre les écluses descendantes, Pedro Miguel d’abord, puis Miraflores. Cette fois-ci, nous passons avec Tara. En vieux routiers, nous avalons cette deuxième étape sans problème, d’autant que là, nous n’avons qu’à laisser filer les haussières pendant que nous descendons. Notre pilote ayant demandé à ce que la webcam soit dirigée vers nous, nous prenons même le temps de poser pour la photo !

La dernière porte s’ouvre, séquence émotion, Pacifique nous voilà.

Et la changement de decor, puisque Panama City ne ressemble en rien a Colon. Seulement 60Km separent les deux villes, mais on passe d une extreme a l autre.

Ecrit le 20 mars 2011 , Non classé

 

 

 

 

 

Pitch, Dam, Amicie, Aglaé, Albane, Anouk et Aymeric, nos derniers visiteurs de l’Atlantique, viennent d’arriver et nous partons affronter bravement les éléments pour rejoindre les merveilleuses îles des San Blas. Il faut le reconnaître ; les conditions météos sont loin d’être idéales, la mer est formée, le vent bien établi et de face et les cœurs au bord des lèvres ! Nous faisons une halte à mi-distance, à Isla Grande, histoire de remettre du baume au cœur à tout l’équipage. Première baignade et partie de rigolade.

 

 

 

 

 

Enfin, nous arrivons à Porvenir, première escale dans les San Blas. Le voyage en valait vraiment la peine, c’est encore mieux que ce que j’imaginais. Les îles sont habitées par les indiens Kunas, qui vivent encore dans des huttes  traditionnelles. Les toits sont en feuille de cocotier, les toilettes sont au bout des pontons (c’est plus pratique !) et les pirogues taillées dans de gigantesques troncs d’arbre. Les femmes portent encore les molas faits main et se parent de nombreux bracelets aux poignets et aux chevilles. Malgré le téléphone portable et les antennes paraboliques, c’est le dépaysement total. Pourtant, nous restons un peu sur notre faim car les Kunas sont assez distants. Il faut dire qu’il y a de nombreux bateaux à naviguer dans les San Blas et nous représentons une source de revenu important pour eux. Ce qui les intéresse, c’est donc de vendre leur artisanat, leur pêche, de monnayer l’accès aux plages et les photos que l’on prend d’eux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous enchainons les mouillages et les îles, toutes aussi belles les unes que les autres, avec leurs plages de sable blanc,  leurs cocotiers… Cayos Limon, Miriadup, BBQ Island, Tiadup, Coco Bandero Cays, Dog Island. Et on retrouve sur chaque île une ou deux huttes et des Kunas qui semblent vivre loin de tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant que Jean-Philippe et Arnaud tentent de ramener de quoi dîner, Coralie et moi emmenons les enfants se défouler à la plage. Coté filles, opération réussie. Côté garçons, les prises sont maigres. Heureusement, nous trouvons presque tous les jours des langoustes (minuscules comparées à celles des Bahamas et de Cuba) et des bonites à acheter auprès des Kunas.

 

 

 

 

 

L’ambiance à bord est à la fête. Les petits se chicanent, les grands rêvent de liberté et veulent dormir à la belle étoile… Encore de belles vacances passées entre amis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit le 15 mars 2011 , Non classé

En manque d’internet et de « vrais magasins » après Cuba, nous faisons une courte halte à Georgetown, Grand Caïman. Ce n’est pas vraiment beau et l’arrivée quotidienne de paquebots et des touristes qui vont avec, nous rappellent un peu Nassau. Nous savourons néanmoins cette escale en faisant quelques bons restaurants et une razzia au supermarché (et oui, nous commencions à souffrir du manque de M&Ms, de charcuterie et de fromage !). Nous en profitons également pour télécharger les cours du Cned (et non, Hugo et Ambre, vous n’êtes pas encore en vacances !). Nous repartons donc vers Panama tous ragaillardis et prêts à affronter les innombrables cargos qui convergent vers Colon et le canal.

La traversée se passe très bien, malgré deux nœuds de courants contraires (comme d’hab) et en dépit de l’enrouleur de génois encore coincé. Au petit matin et parmi tous les énormes navires au mouillage, il me faut donc encore hisser Arnaud en tête de mât décoincer l’enrouleur puis affaler le génois sous des rafales de 20 à 25 nœuds (il y a mieux comme réveil !).

Voilà, tout est en règle, nous pouvons rentrer dans la Shelter Bay Marina qui, bien sûr ne répond pas à la VHF (mais là, cela ne l’émeut plus !). On verra bien sur place.

Dans la marina, Oh surprise, il y a moult navires français et nous faisons rapidement connaissance avec Callipyge, une famille avec trois enfants, Schnaps et Fizzi Cat. Nous retrouvons également Blanc de Blancs, nos amis néocalédoniens, que nous avions rencontrés à Charlestown, Caroline du Sud, USA. Inutile de dire que l’ambiance dans la marina monte d’un cran, surtout autour de la piscine prise d’assaut par les enfants.

Les infos circulent vite et nous trouvons rapidement un agent pour faire les formalités de passage du canal. C’est beaucoup plus facile que nous pensions et nous pouvons nous consacrer à la préparation de Charade : nettoyage, petits bricolages, changement d’annexe… et regarder avec envie les bateaux bardés de pneus quitter la marina pour le canal. Pour nous, ce sera dans 3 semaines, après une petite virée dans les San Blas.

Ecrit le 15 mars 2011 , Non classé

Ecrit le 14 mars 2011 , Non classé

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