Après nos au-revoir à Fakarava, voici le tour de Tahiti. Nous mouillons une dernière fois devant la marina Taina afin d’y retrouver pas mal de copains. Je réalise à quel point notre séjour en Polynésie a été riche en rencontres et a quelque peu perturbé notre vie. Mais le temps n’est pas à la nostalgie et plutôt au plaisir d’en profiter encore et encore.
Dernières mises au point techniques sur Charade, dernières ballades et sorties surf pour les enfants, dernières soirées épiques sur le quai avec les copains… nous décalons tous les jours notre départ, mais il est temps de partir. Nous sommes arrivés au bout du temps autorisé en Polynésie et nous avons encore beaucoup de choses à découvrir avant la fin de notre voyage.
Dans un premier temps, nous n’allons pas bien loin puisque nous nous arrêtons à Raïatea faire notre sortie et compléter notre avitaillement. Nous voulions terminer notre séjour à Maupiti, que nous ne connaissons pas, mais la météo n’est pas favorable. Le vent s’est levé et il y a une forte houle. Les conditions ne sont pas bonnes pour franchir la passe et nous préférons nous arrêter à Bora-Bora. Patrick nous avait longuement recommandé le Yacht Club et nous cédons à la tentation de faire un bon restaurant plutôt que de risquer une entrée délicate à Maupiti. Du coup, j’en profite pour motiver tout le monde pour faire une randonnée jusqu’au sommet de l’île, il paraît que la vue est magnifique. Mais, devant le peu d’enthousiasme général et les fortes précipitations, qui ont rendu les chemins dangereux, nous ne ferons qu‘une petite ballade sur les hauteurs du village de Vaitape.
Le jour du départ arrive et finalement, nous sommes heureux de poursuivre l’aventure. Signe de bon augure, nous pêchons un thon d’une vingtaine de kilos dès le premier jour. C’est sûr, ce n’est pas encore cette fois que nous mourrons de faim et moi, je vais être occupée un moment pour conserver et cuisiner tout ça !
Malheureusement cela ne dure pas longtemps. Une tempête souffle au sud des Fidji et nous envoie un vent d’ouest soutenu. Pas de chance! Nous qui pensions faire une navigation tranquille sous les alizés, c’est raté. Nous voici donc malmenés par une forte houle et sous les orages. Pire encore, nous sommes obligés de faire cap au sud, ce qui nous détourne de notre route. Il va falloir prendre notre mal en patience! Décidemment, la navigation dans le Pacifique n’est pas simple.
Pour remonter le moral des troupes, je cuisine des bons petits plats, prépare pendant mon quart du pain et de la brioche tout juste sortis du four pour le petit-déjeuner. Nous jouons, bouquinons, regardons des films… De temps en temps les enfants nous tiennent compagnie pendant nos quarts de nuit. Le temps passe tranquillement et finalement le vent finit par tourner et reprendre une direction plus confortable pour nous.
Premières îles en vue, l’archipel des Tonga et moment important puisque nous franchissons le méridien opposé au méridien de Greenwich. Ça y est, nous avons parcouru la moitié du globe et nous avons fait un bon dans le temps, puisqu’il nous faut avancer nos montres de 24 heures. C’est un peu drôle de passer comme ça d’aujourd’hui à demain! Pour fêter l’évènement, nous sortons un bon foie gras, le reste de la charcuterie, le fromage, une bonne bouteille de vin… tout ce qui est interdit aux Fidji. Opération liquidation, tout doit disparaître. On ne va gâcher tout de même!
Voilà, le but approche et nous dépassons déjà les îles les plus à l’ouest des Fidji. Malgré la folle envie de nous y arrêter, nous devons poursuivre notre route jusqu’à Suva (île de Veti Levu) afin d’y faire nos formalités d’entrée. Il parait que les Fidjiens sont très à cheval sur les procédures. Mieux vaut ne pas provoquer un peuple à l’origine cannibale! On ne sait jamais!












































































































































