Après nos au-revoir à Fakarava, voici le tour de Tahiti. Nous mouillons une dernière fois devant la marina Taina afin d’y retrouver pas mal de copains. Je réalise à quel point notre séjour en Polynésie a été riche en rencontres et a quelque peu perturbé notre vie. Mais le temps n’est pas à la nostalgie et plutôt au plaisir d’en profiter encore et encore.

 

 

 

 

 

Dernières mises au point techniques sur Charade, dernières ballades et sorties surf pour les enfants, dernières soirées épiques sur le quai avec les copains… nous décalons tous les jours notre départ, mais il est temps de partir. Nous sommes arrivés au bout du temps autorisé en Polynésie et nous avons encore beaucoup de choses à découvrir avant la fin de notre voyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un premier temps, nous n’allons pas bien loin puisque nous nous arrêtons à Raïatea faire notre sortie et compléter notre avitaillement. Nous voulions terminer notre séjour à Maupiti, que nous ne connaissons pas, mais la météo n’est pas favorable. Le vent s’est levé et il y a une forte houle. Les conditions ne sont pas bonnes pour franchir la passe et nous préférons nous arrêter à Bora-Bora. Patrick nous avait longuement recommandé le Yacht Club et nous cédons à la tentation de faire un bon restaurant plutôt que de risquer une entrée délicate à Maupiti. Du coup, j’en profite pour motiver tout le monde pour faire une randonnée jusqu’au sommet de l’île, il paraît que la vue est magnifique. Mais, devant le peu d’enthousiasme général et les fortes précipitations, qui ont rendu les chemins dangereux, nous ne ferons qu‘une petite ballade sur les hauteurs du village de Vaitape.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jour du départ arrive et finalement, nous sommes heureux de poursuivre l’aventure. Signe de bon augure, nous pêchons un thon d’une vingtaine de kilos dès le premier jour. C’est sûr, ce n’est pas encore cette fois que nous mourrons de faim et moi, je vais être occupée un moment pour  conserver et cuisiner tout ça !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malheureusement cela ne dure pas longtemps. Une tempête souffle au sud des Fidji et nous envoie un vent d’ouest soutenu. Pas de chance! Nous qui pensions faire une navigation tranquille sous les alizés, c’est raté. Nous voici donc malmenés par une forte houle et sous les orages. Pire encore, nous sommes obligés de faire cap au sud, ce qui nous détourne de notre route. Il va falloir prendre notre mal en patience! Décidemment, la navigation dans le Pacifique n’est pas simple.

 

Pour remonter le moral des troupes, je cuisine des bons petits plats, prépare pendant mon quart du pain et de la brioche tout juste sortis du four pour le petit-déjeuner. Nous jouons, bouquinons, regardons des films… De temps en temps les enfants nous tiennent compagnie pendant nos quarts de nuit. Le temps passe tranquillement et finalement le vent finit par tourner et reprendre une direction plus confortable pour nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premières îles en vue, l’archipel des Tonga et moment important puisque nous franchissons le méridien opposé au méridien de Greenwich. Ça y est, nous avons parcouru la moitié du globe et nous avons fait un bon dans le temps, puisqu’il nous faut avancer nos montres de 24 heures. C’est un peu drôle de passer comme ça d’aujourd’hui à demain! Pour fêter l’évènement, nous sortons un bon foie gras, le reste de la charcuterie, le fromage, une bonne bouteille de vin… tout ce qui est interdit aux Fidji. Opération liquidation, tout doit disparaître. On ne va gâcher tout de même!

Voilà, le but approche et nous dépassons déjà les îles les plus à l’ouest des Fidji. Malgré la folle envie de nous y arrêter, nous devons poursuivre notre route jusqu’à Suva (île de Veti Levu) afin d’y faire nos formalités d’entrée. Il parait que les Fidjiens sont très à cheval sur les procédures. Mieux vaut ne pas provoquer un peuple à l’origine cannibale! On ne sait jamais!

 

 

Ecrit le 14 mai 2013 , Non classé

Nous approchons du terme de notre  voyage et, il va être temps de quitter les Tuamotu. Même si nous nous plaisons énormément à Fakarava, je crois que nous sommes, au fond de nous, heureux de reprendre la mer et de poursuivre l’aventure jusqu’en Australie.

Mais, vous devez sûrement vous demander ce que nous pouvions bien faire pendant des mois dans un atoll perdu au milieu du Pacific. Et bien, rien ! Enfin non, puisque nous avons profité les uns des autres, apprécié l’accueil et la générosité des paumotus, lié de sincères relations d’amitié, retrouvé des bateaux-copains rencontrés au gré des mouillages précédents, fait de merveilleuses plongées… En fait, nous n’avons pas vu le temps passer et c’est avec regrets que nous devons partir.

 

 

 

 

 

Alors, je prends encore plus plaisir à aller chercher le pain le matin, car c’est l’occasion de rencontrer une bonne partie du village. Je m’imprègne du parfum des tiare Tahiti et des frangipaniers. De leur coté, les enfants expédient rapidement le Cned le matin pour filer retrouver leurs copains au quai ou à la salle (le terrain de sport). Ils y passeront tous leurs après-midi à jouer au volley, à la balle au prisonnier, à se baigner, à pêcher, ou tout simplement à « faire ballade » comme on dit ici. Et comme les après-midi ne suffisent plus, Hugo et Ambre commencent à revendiquer le droit de sortir le soir avec leurs copains. Ça commence !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Romain, lui, essaie de suivre le mouvement et ne supporte plus d’être trimbalé sur le porte-bagage d’Ambre. Nous filons donc emprunter un vélo à sa taille chez Jacques et, en deux leçons et quelques gamelles, voila mon Romain qui sillonne le village dans tous les sens. Fakarava restera pour lui l’endroit de pas mal de premières fois : première école, premiers coups de pédales, première dent (rassurez-vous, la petite souris a réussi à nous trouver !), première baignade entouré de requins (si si, c’est vrai), premières copines…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Sinon, au village, il y a toujours quelque chose à faire. Nous allons par exemple chez notre ami Lulu aider à faire quelques paniers pour protéger ses nacres. Mais c’est trop « fiu » et Hugo et Ambre jettent vite l’éponge. Ils préfèrent retourner au quai rejoindre leurs amis. Entre les ballades à pied ou à vélo avec Mimi et les déjeuners au bord du lagon à la pension Havaiki, les journées passent tranquillement, au rythme des îles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant de partir, nous retournons passer quelques jours à Tetamanu, la passe sud de Fakarava. C’est décidemment l’endroit que je préfère. Nous y retrouvons Renée et Patrick de Saltimbanques des Flots et Michèle et Philippe de Tereva, un bateau que nous avons déjà croisé mais sans lier connaissance. Ce sera donc l’occasion. Ensemble, nous faisons de magnifiques plongées, avec Hugo avec nous ou en sécurité surface (un vrai chef !). Ambre et Romain préfèrent rester sur la plage et taquiner Jojo le napoléon,  en lui distribuant avec parcimonie quelques miettes de poisson.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, il est temps de partir. Un dernier petit tour au village pour saluer les amis et les remercier pour tout ce qu’ils nous ont apporté, faire la bise à Mimi, Lulu et toute la famille, à Karine et Serge, … Et c’est sous une bonne petite brise que Charade franchit pour la dernière fois la passe de Fakarava.

Ecrit le 18 avril 2013 , Non classé

Contrairement aux autres archipels de la Polynésie françaises, les atolls des Tuamotu ne sont que de simples anneaux de corail, où l’élevage et l’agriculture sont difficiles, voire impossibles. A part le poisson et les noix de coco, il n’y a donc pas grand-chose à manger. Totalement dépendantes de  Tahiti, les îles sont alors principalement ravitaillées par bateau. Alors que les îles sous le vent voient arriver un à deux bateaux par jour, les atolls des Tuamotu ne sont desservis qu’une fois par semaine (ou même toutes les deux ou trois semaines pour les atolls les plus lointains).

 

 

 

 

 

 

 

C’est donc toujours avec une certaine excitation que les goélettes sont attendues par l’ensemble de la population. Tout d’abord, pour la nourriture : vu la durée du trajet, la viande est toujours congelée (je ne m’attarderai pas trop sur le respect des règles  de la chaine du froid !) et les fruits et légumes sont rares et souvent abimés car ils doivent être décontaminés dans les fours de l’inspection sanitaire à Papeete (mieux vaut faire ses courses dans les heures qui suivent l’arrivée du bateau). Et puis, il y a la livraison du carburant : une pompe est installée sur le quai pour distribuer du gasoil, les bateaux qui, comme nous, veulent faire le plein peuvent se mettre à couple de la goélette, la citerne qui alimente  le groupe électrogène du village est remplie, quant à l’essence, si vous n’avez pas commandé un fût de 200 litres, il faudra attendre le voyage suivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais il n’y a pas que ces produits de première nécessité de livrés : les voitures, les bateaux de pêche, les matériaux de construction, l’électroménager, les meubles, les vêtements… tout arrive par la goélette.  L’ensemble du village est alors rassemblé sur le quai, car il y a forcément toujours quelque chose à récupérer. Les marchandises sont débarquées dans des grands bacs et il faut parfois jouer des coudes pour récupérer son bien, avant qu’il ne soit éventuellement chapardé ! Cartons, sacs, valises, caisses de bière, ciments, poutres, nourriture, aliments pour les poules du poulailler…c’est à chaque fois le grand déballage. Et Fakarava à la chance d’avoir un quai. Dans d’autres atolls, tout est transbordé dans des barges, même quand le lagon est agité ou lorsqu’il pleut !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfois, on croit que le colis qu’on attend avec impatience est arrivé, mais il n’est pas là. Il n’a pas été embarqué à Tahiti et il faut attendre la prochaine rotation. Ce n’est pas grave ! Les paumotus sont habitués et prennent tout avec philosophie: c’était bien pire avant, quand il y avait une goélette une fois de temps en temps.

 

A Fakarava, le Cobia passe à la fréquence d’une fois par semaine. Desservant d’autres atolls, on ne sait jamais trop, entre le mercredi et le vendredi, quand il va arriver. Au petit matin, en fin de journée ou au milieu de la nuit, c’est à chaque fois la surprise ! Le Saint Xavier Maris Stella est le plus gros ; il passe tous les quinze jours et décharge vite son chargement, même la nuit (il vaut mieux vite se rendre sur le quai pour récupérer ses affaires). Depuis peu, le Dory fait une rotation toutes les deux semaines et concurrence fortement le Cobia. Une quatrième goélette, le Mareva Nui,  vient aussi de temps en temps, souvent la nuit, décharge deux ou trois bricoles, et repart aussi vite qu’elle est arrivée. On l’appelle le bateau fantôme !

Ces difficultés d’approvisionnement et la patience des gens nous ont appris à relativiser sur nos habitudes de consommation. Nous avons appris à nous contenter de ce que nous trouvons.  Je vous rassure, nous n’avons jamais manqué de rien ; seulement, lorsque je fais les courses, je ne sais pas toujours ce que nous allons manger !

Ecrit le 10 avril 2013 , Non classé

De retour à Tahiti, et à Taravao plus précisément, nous retrouvons Charade avec plaisir et avec une petite pointe de soulagement car les fortes pluies des dernières semaines ne l’ont pas trop abimé. Seul l’extérieur a subit les assauts de l’humidité : le pont est noir et les drisses et écoutes sont toutes vertes ! En une petite journée, avec les enfants, nous nous attelons au travail et redonnons une beauté à Charade. Nous sommes hyper motivés de partir au plus vite car, depuis le retour du soleil, la marina est envahie de mouches. C’est infernal !

 

 

 

 

 

 

 

Donc, sitôt le plein de course fait, avec surtout un bon avitaillement en produits frais, nous larguons les amarres et reprenons la direction des Tuamotu pour la dernière fois. La météo est bonne et nous bénéficions d’une mer calme. Pour nous remettre dans le « bain », c’est l’idéal. De toute façon, j’ai ramené tout ce qu’il faut en cas de mal de mer : patchs, bracelets, comprimés… tous les petits trucs glanés au contact des autres bateaux. Alors hissez haut, nous sommes prêts à affronter l’océan !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finalement, je crois bien que la mer et la navigation nous manquaient un peu. Retrouver le calme et l’isolement de la pleine mer, observer les nuages, les vagues, pêcher, lézarder, méditer devant un coucher de soleil flamboyant… tous ces petits plaisirs de rien du tout que nous savourons et que nous garderons toujours dans nos cœurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux petites journées de navigation ont donc vite passé et, déjà, l’atoll de Fakarava est en vue. Et oui, nous n’avons pas pu résister à l’envie de retrouver les copains avec les quels nous avons encore tant de bons moments à partager. Nous avons presque l’impression de rentrer à la maison ! L’ancre n’est pas encore jetée que déjà les copines d’Ambre l’appellent. En moins de 10mn, la patte d’oie est en place, l’annexe est à l’eau et nous nous précipitons à terre dire bonjour. On circule toujours nonchalamment à vélo, le sourire aux lèvres, les buissons de Tiare Tahiti parfument délicatement l’air, Mamie ramasse les feuilles tombées, les enfants pêchent au quai, Nunu est dans son magasin, la boulangerie n’a plus de pain… ouf, rien a changé !

Bien décidés à en profiter tout de suite, nous commençons par aller voir Karine et Serge pour programmer quelques plongées. Ils nous racontent que pendant notre absence, ils ont vu et approché de près un requin baleine et des requins marteaux (ça m’énerve rien que d’y repenser !!!). Maintenant que j’ai investi dans un appareil photo sous-marin, j’espère que la chance sera avec nous ! Quoi qu’il arrive, j’éprouve toujours un certain bien être à me laisser emporter par le courant dans la passe, qui déborde d’activité.

Autre petit plaisir, mais cette fois-ci partagé par tout le monde : le pique-nique à la passe. La plage est belle et il y a souvent une petite brise rafraîchissante. Le pick-up chargé et les garçons et moi assis dans la benne, c’est Ambre qui nous conduit. C’est l’occasion d’apprendre à conduire ! Hugo fera le retour. Sitôt arrivés, Hugo et Romain, qui le suit comme son ombre, disparaissent dans la brousse et reviennent les bras chargés de bois pour allumer un grand feu. Une bonne flambée quand il fait au moins 35°C, ça fait du bien ! Heureusement qu’on peut faire trempette tout l’après-midi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour compléter ces activités orientées vers la mer, rien ne vaut une bonne partie de pêche. Il y a de petits moutons à la surface de l’eau, c’est le temps idéal pour aller chasser le mahi-mahi. Tukia vient nous chercher, Arnaud, Hugo et moi, dans son poti marara et nous filons à l’extérieur de la passe. Alors que nous plissons tous les trois les yeux à la recherche de bans d’oiseaux, Tukia en a déjà repéré et a sorti son harpon. Soudain la nageoire dorsale du mahi-mahi sort à quelques mètres du bateau. On aperçoit ses jolies couleurs bleu-vert mordorées. Il reste à la surface et zigzague dans tous les sens à toute vitesse. La course poursuite s’engage, le poti fait des embardées à droite et à gauche. Il y a intérêt à être bien accrochée à l’arrière ! Le pauvre animal n’arrive pas à nous semer et s’essouffle déjà. Tukia se rapproche et le harponne d’un geste sûr et précis. Et hop, dans la glacière. Au bout du quatrième, nous commençons à bien les repérer et surtout à ne pas les perdre des yeux pendant la chasse. Mais pour ce qui est de l’espadon voilier et des thons que Tukia a repérés, j’avoue ne rien avoir vu du tout. Il faut qu’on revienne en stage intensif !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et comme, aux Tuamotu, joie de vivre se conjugue avec musique et bringue, nous sommes gentiment invités à fêter les anniversaires de notre grand ami Lulu, de Porea et de Tikamanu. Corina et Ato nous reçoivent chaleureusement chez eux et, comme d’habitude, la table croule sous les victuailles. Jean sort son ukulélé et entame déjà une première chanson. Nous avons toute la soirée devant nous pour revisiter le répertoire des chants polynésiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit le 3 avril 2013 , Non classé

Alors que nous sommes encore en pleine réflexion sur la suite de notre voyage (prolonger d’une année, terminer comme prévu en Australie ou même rentrer en France pour y vendre Charade), nous rentrons en Bretagne faire un petit break et surtout y passer les fêtes en famille.

Comme la dernière fois, nous laissons Charade à Taravao, l’isthme qui sépare Tahiti nui et Tahiti iti (l’île principale et la presqu’île). Véritable cuvette, il pleut plusieurs fois par jour, mais cette fois-ci je m’y suis préparée. Le plus gros du nettoyage est fait et les fonds de cale et toutes les cloisons sont passés à l’eau de javel. Il ne reste plus qu’à acheter une bonne dizaine d’absorbeurs d’humidité. La guerre contre les moisissures est lancée !

Au petit matin, engoncés dans nos jeans et nos chaussures, nous hissons nos lourdes valises sur le quai et nous partons pour un périple d’une bonne trentaine d’heures, tous plus excités les uns que les autres. Notre ami Lulu, sur Tahiti ce jour là, nous rejoint gentiment à l’aéroport pour nous offrir des colliers de coquillages. C’est toujours aussi émouvant de dire au-revoir à nos amis polynésiens !

Arrivés à Paris, un autre type de choc nous attend, quand Romain s’exclame : « Dis Papa, c’est quoi la fumée blanche qui sort de ma bouche ? » Le froid ! Et oui, nous venons de perdre 25°C et nos maigres polaires s’avèrent un peu justes. Un petit réajustement de la garde-robe des enfants qui ont bien grandi s’avère urgent !

Autre choc que celui que nous ressentons les jours suivants devant l’effervescence des préparatifs de Noël. A vivre reculés sur le bateau dans des îles paisibles, nous avions presque oublié comme nos villes fourmillent d’activité, surtout à l’approche des fêtes. Je me sens un peu déconnectée et il me faut quelques jours pour retrouver mes repères !

Et voilà vite Noël qui arrive. Après les trois dernières années passées à bord de Charade, les enfants sont heureux de décorer un vrai et grand sapin. Romain espère cette fois-ci que le Père-Noël viendra car sur le bateau ce n’était pas vraiment facile pour lui. Le soir de Noël, avec son cousin Jacques, il guette donc impatiemment à la fenêtre. Et hourra, il arrive enfin, une hotte pleine de cadeaux ! Quel plaisir de retrouver notre famille et de partager ces moments de joie.

Pour continuer les réjouissances, nous partons une semaine au sport d’hiver. La neige nous manque un peu et Romain ne s’en souvient pas. A la vue des premiers flocons l’excitation règne dans la voiture et une bagarre de boulle de neige s’engage dès notre arrivée à la station. Il a pas mal neigé ces derniers jours et nous profitons de supères conditions pour skier. Comme nous sommes en club, tout le monde est pris en charge et moi j’ai plus qu’à en profiter ! Hugo s’essaie avec succès au snow-board, Ambre reste dans notre groupe assez burlesque et Romain découvre avec joie les plaisir de la glisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les jours s’enchainent ensuite à une vitesse folle. Les enfants ont un programme du Cned assez chargé et il ne faut pas chaumer. Ambre trouve tout de même le temps de voir quelques copines et surtout de se remettre à cheval de façon assidue.

Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de retrouver tous nos amis mais, les moments passés avec ceux que nous avons vus nous ont fait chaud au cœur.

 

Ecrit le 19 février 2013 , Non classé

Cette fin d’année est placée sous le signe des retrouvailles avec nos copains Renée et Patrick (Saltimbanques des flots), que nous avions rencontrés il y a déjà deux ans aux Bahamas. Après une bonne fiesta à Toao, chez Gaston et Valentine, et quelques belles plongées, nous filons sur Fakarava. Il faut vite profiter des quelques jours que nous avons à passer ensemble car ils sont en route pour les Marquises. Je monopolise donc Renée pour lui faire partager tous mes petits plaisirs de Fakarava.

 

 

 

 

 

 

 

Et tout d’abord, le tifaifai bien sûr. Avec  Mimi, nous nous sommes lancées dans la découpe et toute la phase préparatoire avant la couture. Et bien c’est du boulot ! Tous les après-midi, nous nous retrouvons pour découper et assembler nos morceaux de tissus. Après la période tiaré et hibiscus, voici les sirènes et autre animaux marins. Nous débordons d’imaginations et, dans l’euphorie, je rajoute des hippocampes aux poissons et coquillages déjà positionnés autour des sirènes. Le résultat est vraiment joli. Il y a juste un petit détail que j’avais occulté et que Mimi s’empresse de me rappeler dans un grand fou rire : avec les innombrables petits détails et trous, il va m’en falloir du temps pour tout coudre ! Aï Aï Aï, c’est vrai ça. Je pense que je vais en passer des heures sous l’arbre avec  Mimi, Mamie et Hivanui à me piquer les doigts, faire et défaire mon ouvrage, mais toujours avec un grand  plaisir.

 

 

 

 

 

 

Outre les ballades à pied, en kayak et les parties de scrabble, j’embarque Renée un matin pour polir des nacres. Le travail est toujours aussi difficile mais je m’émerveille à chaque fois du résultat final. Et j’ai tellement d’idées pour utiliser ces nacres qu’il m’en faut toujours plus ! D’ailleurs Ambre s’y met aussi et commence à me piquer mes nacres pour les peindre. J’avoue que ça rend bien. Il va donc falloir que je continue à bosser.

 

Mais les jours passent et toute la flotte qui s’était arrêtée à Fakarava reprend sa route pour les Marquises. Nous, nous commençons à penser au départ également puisque dans quelques jours nous irons à Tahiti pour y laisser Charade et rentrer en France pour les fêtes. Je prends un dernier cours de cuisine avec Patrick : il y a deux ans, il m’avait apprise à faire la tarte au citron et bien maintenant, je sais faire la meringue qui va avec !

 

 

 

 

 

 

Juste avant de quitter Fakarava, nous retournons avec Tukia et toute sa famille passer la journée à Tatea. Pendant que les garçons partent chasser du poisson pour le barbecue, Porea et moi nous enfonçons dans la brousse afin de ramener du bois, des cocos et des feuilles de cocotier pour préparer le feu et un petit coin pour pique-niquer. Quant aux enfants, ils nous confectionnent de délicieuses  galettes de ipo (un pain fait à partir de coco germée) qu’ils feront cuire dans des feuilles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois ces petites taches ménagères effectuées, nous partons ramasser des coquillages pour fabriquer des colliers et des couronnes et, surtout, nous  arpentons le banc de sable à la recherche de trous à varo. Nous réussissons à en attraper trois ! Humm, un régal !

 

Après cette magnifique journée pour clore notre énième séjour à Fakarava, comment voulez-vous que nous n’y revenions pas? D’autant qu’il nous reste encore plein de choses à faire avec les amis, et puis, je suis loin d’avoir fini mon tifaifai ! J’enfourche mon vélo pour faire une dernier tour au village et dire au-revoir. Rendez-vous en février. Bien sûr, nous allons revenir !!!

 

Ecrit le 11 décembre 2012 , Non classé

C’est maintenant au tour de Romain de fêter son anniversaire.  

 

 

 

 

 

 

Depuis que nous sommes de retour à Fakarava, il passe le plus clair de son temps avec ses copains d’école et surtout avec la toute mignonne Havaiki. Pour l’occasion, nous lui organisons donc un goûter sous l’arbre centenaire : gâteaux, bougies, bonbons, confettis… tout y est. Il est aux anges !

Pour couronner cette série d’anniversaires, et celui de Helanie, une petite bringue est improvisée sur la plage. Lulu a sorti sa bastura et Hugo se lance au ukulele. Viviane nous rejoint et entonne des chants puamotus. Et c’est parti pour la fête !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit le 26 novembre 2012 , Non classé

 

 

 

 

 

 

Sous la pression insistante d’Ambre qui souhaite fêter son anniversaire à Fakarava avec ses copines, nous reprenons notre route, à l’aube. Pour une fois, la chance est avec nous et le vent passe au nord-est : nous pouvons hisser les voiles, direction le sud-est. Encore du près serré  et un bon test pour nos haubans tous neufs ! Rangiroa, Apataki, Kaukura, Toao. Les atolls défilent et nous atteignons Fakarava à midi, avec le curieux sentiment de rentrer à la maison. Et oui, c’est bon de retrouver tous les copains.

L’ancre n’est pas encore jetée que l’on entend des cris à terre : Ambre est attendue avec impatience! Elle disparait une bonne partie de l’après-midi et rentre juste à temps pour souffler ses bougies. La chipie ! Elle en a bien profité.

 

 

 

 

 

 

Joyeux anniversaire Ambre!

Ecrit le 17 novembre 2012 , Non classé

 

C’est l’anniversaire de Hugo.

 

Sur la route qui nous mène à Fakarava (et oui, on y retourne !) nous nous faisons un peu secouer par une mer assez agitée. Afin de me laisser la possibilité de préparer un bon « gueuleton », et à tout le monde d’en profiter, nous décidons de faire une courte halte d’une nuit sur l’atoll de Tikehau que nous ne connaissions pas encore.

 

 

 

 

 

 

Comme dans la majeure partie des atolls des Tuamotu, la passe est étroite et très belle. A chaque fois que nous nous engageons dans une passe, j’ai l’impression de franchir une immense marche : sur quelques mètres la profondeur sous le bateau passe de plusieurs centaines de mètres à 7-8 mètres et la couleur de l’océan évolue du marine au turquoise, révélant les massifs de corail disséminés un peu partout. Malgré le vent fort, le calme règne sur la zone de mouillage juste à droite. Bel endroit pour fêter l’anniversaire de Hugo !

Ecrit le 17 novembre 2012 , Non classé

De retour des iles sous le vent, nous nous arrêtons à Moorea afin d’y passer une bonne nuit de repos. Même si la navigation depuis Huahine n’est pas longue (120 miles), le Pacifique est toujours aussi  inconfortable avec ses vagues dans tous les sens. Et donc, nous sommes crevés ! Mais la raison la plus importante de cette halte est notre envie pressante de revoir les baleines à bosse dont la saison des mise-bas s’achève. Bingo ! Quelle n’est pas notre surprise juste en sortant de la passe de Haapiti de voir le long du récif une baleine et son baleineau. En trente seconde chrono, les enfants et moi enfilons nos maillots de bain et, le masque sur le nez et chaussés de nos palmes, nous nous postons dans les marches, tel un commando, en attendant qu’Arnaud nous donne le top pour sauter à l’eau. Il essaie d’approcher Charade le plus près possible et… hop, une fois à l’eau il faut palmer comme des fous pour rejoindre nos deux mégaptères. Le baleineau est tout jeune et il doit remonter plus souvent à la surface que sa mère. Il est à quelques mètres de nous. Il semble jouer avec nous, nous montre son ventre, fait des pirouettes, s’arque boute pour redescendre faire un câlin à sa mère. Nous n’osons pas l’approcher de trop car maman surveille et remonte récupérer son oisillon dès que nous nous faisons trop pressants. En deux coups de queue ils disparaissent. Nous remontons à bord pour tenter une nouvelle approche. Pour qu’Arnaud puisse profiter du spectacle, c’est Hugo, assisté de Romain, qui fait office de capitaine. Nous retrouvons nos deux baleines un peu plus loin et replongeons les rejoindre pour un moment de pur bonheur.

 

 

 

 

 

Mais, nous ne sommes pas revenus à Tahiti pour batifoler avec les cétacés. Christophe a profité de son passage sur Charade pour faire la liste de toutes les choses à remplacer. Il va y avoir du boulot ! Donc direction le chantier de Papeete pour la première opération : changement de plusieurs vannes, passe-coques et presse-étoupes. Comme toujours lorsque nous sortons le bateau de l’eau, nous en profitons pour lui faire une beauté et passons deux jours à frotter et faire briller tout ce qui peut l’être. Les enfants descendent même l’ancre et la chaine pour y refaire des marques tous les dix mètres. C’est vrai que cela faisait un bon moment qu’elles avaient disparue et j’avais un peu de mal à savoir où j’en étais lorsque nous jetions l’ancre quelque part.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette première étape rondement menée, nous pouvons attaquer la deuxième phase, le remplacement des deux haubans. Cette fois-ci direction le port autonome de Papeete où nous nous retrouvons à quai, coincés entre deux goélettes et dans le brouhaha du déchargement des conteneurs. Soulagement : les mesures du pas de vis et de la longueur des haubans sont les bonnes. Nous pouvons donc hisser, visser et serrer sous un soleil de plomb. Ouf, voilà une bonne chose de faite !

 

 

 

 

 

 

Maintenant que Charade s’est refait une santé, nous allons pouvoir profiter un peu de Tahiti et faire un peu de sport. Et tout d’abord une petite randonnée sur les hauteurs de Punaauia, juste devant la marina. Partis avec les amis de Oiri et Fearless pour une ballade tranquille de deux ou trois heures, nous nous retrouvons à escalader des sentiers abrupts, à chercher désespérément notre chemin en l’absence de tout balisage et à dévaler sur les fesses ces mêmes sentiers dans le sens du retour. Malgré la difficulté, cela valait vraiment le coup car, tout en haut, la vue sur le lagon et sur Moorea est exceptionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

Pour le reste du sport, nous nous sommes contentés de regarder et d’admirer. Sur la presqu’île, nous sommes allés voir une compétition de surf sur le site mythique de Teahupoo. Les vagues n’étaient pas monstrueuses comme elles peuvent l’être parfois mais nous avons eu la chance d’être aux premières loges pour admirer les stars mondiales du surf.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons également assisté aux entrainements quasi quotidiens des pirogues. Nous sommes en pleine préparation de l’Awaikinui, la plus grande course  à six rameurs qui aura lieu dans quelques jours. Les Polynésiens remportent toutes les grandes compétions de va’a dans le Pacifique. C’est leur sport et ils y consacrent beaucoup de temps. D’ailleurs, il n’est pas rare de les entendre passer à proximité du bateau bien avant le lever du soleil.

 

 

 

 

 

 

Ecrit le 4 novembre 2012 , Non classé

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